Question directe : Pourquoi l'Inde capte 60% de l'offshore mondial alors que l'Afrique subsaharienne stagne à 2% ?
Réponse A : "Les Africains ne sont pas assez qualifiés"
❌ FAUX. Et c'est même insultant.
J'ai croisé des développeurs sénégalais, nigérians, kényans qui codent mieux que 80% de la Silicon Valley. Ils maîtrisent React, AWS, Docker, Kubernetes. Ils parlent anglais couramment. Certains ont bossé pour Stripe, Microsoft, SAP.
Alors pourquoi ils restent invisibles ?
Réponse B : "C'est une question de pipeline, pas de talents"
✅ CORRECT.
Le problème n'est pas le talent. C'est l'emballage.
Voici les chiffres bruts (2024-2026) :
| Région | Part offshore mondial | Développeurs | Coût horaire moyen | Certifications reconnues |
|---|---|---|---|---|
| Inde | 60% | 5M+ | $20-30 | ✅ NASSCOM, ISO, CMMI |
| Europe de l'Est | 25% | 1.5M+ | $30-50 | ✅ EU standards |
| Amérique Latine | 8% | 500k+ | $25-40 | ✅ Nearshore US |
| Afrique subsaharienne | 2% | 700k+ | $12-18 | ❌ Aucune marque |
Remarquez quelque chose ?
L'Afrique a :
- ✅ Plus de développeurs que l'Amérique Latine (700k vs 500k)
- ✅ Le coût le plus bas ($12-18/h vs $20-30)
- ✅ Un fuseau horaire optimal pour l'Europe (GMT à GMT+3)
- ✅ Des langues (français, anglais, portugais)
MAIS :
- ❌ Aucune certification reconnue
- ❌ Aucun brand (pas de "NASSCOM africain")
- ❌ Aucun pipeline structuré
Résultat : Les talents existent, mais ils sont invisibles.
Cas concret : Jean-Marc, DSI chez BNP Paribas Personal Finance
Jean-Marc gère une équipe de 200 développeurs. Il a testé l'offshore dans 4 pays.
Interview (janvier 2026) :
"On a commencé avec la Roumanie en 2018. 50 devs à Bucarest. Excellent niveau, mais coût élevé : 45€/h. En 2020, on teste l'Inde : 30€/h, très bon niveau technique, mais décalage horaire compliqué (+4h30). En 2022, un prestataire nous propose des devs sénégalais : 18€/h, fuseau GMT, français natif."
"On teste avec 5 devs. Résultat : niveau technique égal voire supérieur aux Roumains. Communication parfaite en français. Mais voilà le problème : après 6 mois, 3 devs sur 5 nous quittent. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont aucune structure derrière eux. C'étaient des freelances isolés. Pas de formation continue. Pas de career path. Pas de certification."
"On est retournés en Roumanie. Pas parce que les Sénégalais étaient mauvais. Mais parce qu'on avait trop de risques : pas de garantie sur le long terme."
Voilà le vrai problème.
Les entreprises européennes ne prennent pas de risques sur de l'invisible.
Le DSI ne cherche pas le meilleur développeur. Il cherche la solution la moins risquée.
